Au cœur du pays d'Arles, l'abbaye de Montmajour a été fondée en 948 par des moines bénédictins. Ce monument historique se dresse sur un rocher dominant la plaine de la Crau, à quelques kilomètres seulement du centre-ville.
Elle témoigne de huit siècles d'histoire et d'architecture en Provence, du roman du XIe siècle jusqu'aux bâtiments classiques du XVIIIe siècle. Si vous préparez une visite en Provence, Montmajour mérite clairement une journée à part entière. Vincent Van Gogh s'y est inspiré entre 1888 et 1889 pour réaliser de nombreux dessins, ce qui en fait aussi un lieu de pèlerinage pour les amateurs d'art moderne. Cloître roman, ermitage Saint-Pierre, tour médiévale, expositions temporaires : il y a bien plus à découvrir ici que ce que l'on imagine depuis la route de Fontvieille.
Le site est géré par le Centre des monuments nationaux. Le billet d'entrée donne accès à l'ensemble du monument, avec un tarif à 7 €.
Attention, il faut réserver à l’avance sur ce site :
Horaires et tarifs, comment visiter l'abbaye
L'abbaye de Montmajour est ouverte toute l'année, avec des horaires qui varient selon la saison. D'avril à mai, le site accueille les visiteurs de 10h à 17h, avec une dernière entrée à 16h. De juin à septembre, les horaires s'étendent jusqu'à 18h, la dernière entrée étant fixée à 17h. D'octobre à mars, le monument ouvre de 10h à 17h, mais ferme le lundi et la dernière entrée est à 16h.
Des fermetures exceptionnelles sont à prévoir les 1er janvier, 1er mai, 11 novembre et 25 décembre. Vérifiez toujours les informations à jour sur le site officiel de l'abbaye avant de planifier votre visite, les horaires pouvant évoluer ponctuellement.
Le billet d'entrée donne accès à l'ensemble du monument. Le tarif est fixé à 7 € et la réservation se fait sur le site ci-dessous.
Pour la visite elle-même, plusieurs modes d'accueil sont disponibles. Des documents de visite gratuits sont remis à l'accueil en six langues, dont le français, l'anglais, l'espagnol et l'italien. Une web application gratuite en français est aussi disponible sur mobile, à télécharger de préférence avant d'arriver, car le réseau est difficile à capter à l'entrée du monument.
Des visites commentées sont proposées plusieurs fois par jour par les agents du monument, incluses dans le droit d'entrée et sans supplément. Durée : 45 minutes à une heure. L'inscription se fait directement à l'accueil à votre arrivée, sous réserve de disponibilité du personnel. En basse saison, des visites guidées sont organisées chaque dimanche.
Pour les groupes à partir de 20 personnes, un tarif spécifique s'applique. Si vous souhaitez un guide conférencier extérieur, maîtrisant plusieurs langues, la réservation doit se faire un jour à l'avance auprès de l'office de tourisme d'Arles. L'abbaye dispose d'un parking sur place, avec des places PMR accessibles.
Le monument est partiellement accessible aux personnes à mobilité réduite : la terrasse et le cloître sont accessibles, mais le terrain est accidenté et comporte de nombreuses marches. Comptez 125 marches pour atteindre la tour, et 40 pour l'ermitage Saint-Pierre. Pensez à emporter de l'eau et un chapeau par forte chaleur, un point d'eau est disponible sur le parcours.
L'adresse du monument est Route de Fontvieille, 13200 Arles.
L'histoire de l'abbaye de Montmajour
L'abbaye bénédictine de Montmajour a été fondée en 948 sur un rocher entouré de marais, à quelques kilomètres au nord-est d'Arles dans les Bouches-du-Rhône. C'était alors un site insulaire isolé, choisi par des moines bénédictins pour y installer une communauté. Dès 963, le pape Léon VIII place le monastère sous son autorité directe, signe que le monastère est déjà bien établi.
L'abbaye connaît un essor rapide à partir du XIe siècle. Les dons affluent, les prieurés se multiplient : vers 1100, pas moins de 112 églises et prieurés en Provence dépendent d'elle. Le cœur de cette puissance, c'est le pèlerinage dit pardon de Montmajour, instauré un 3 mai probablement en 1019, lors de la consécration de la première église Notre-Dame.
Ce pèlerinage attire chaque année des foules immenses tout au long du Moyen Âge. Des sources médiévales mentionnent jusqu'à 150 000 pèlerins venant vénérer une relique de la vraie croix conservée dans la crypte. En 1426, ce sont encore 12 à 15 000 personnes qui font le voyage jusqu'à Arles depuis les rives du Rhône.
L'abbaye devient aussi la nécropole des comtes de Provence, inhumés dans la crypte au XIe siècle, puis transférés dans le cloître au XIIe siècle. Cette puissance spirituelle se traduit par une renaissance architecturale : les XIIe et XIIIe siècles voient s'élever l'ensemble roman provençal comprenant l'abbatiale Notre-Dame, le cloître et les bâtiments conventuels.
Le XIVe siècle marque le début des difficultés. Les grandes compagnies de soldats mercenaires ravagent la campagne arlésienne. L'abbaye fait construire en réponse la tour défensive dite de Pons de l'Orme, encore visible aujourd'hui. Des conflits internes s'ajoutent aux menaces extérieures, notamment au sujet des reliques de saint Antoine disputées avec d'autres prieurés.
La décadence s'installe progressivement. L'abbé n'est plus élu par les moines bénédictins mais nommé par le pape ou le roi. La communauté monastique perd en cohésion. Le dernier abbé de Montmajour est le cardinal de Rohan, tristement connu pour l'affaire du collier de la reine. L'abbaye est sécularisée en 1786.
À la Révolution française, l'ensemble est vendu comme bien national. Le monastère Saint-Maur, pourtant achevé depuis peu, est dépouillé et réduit à l'état de ruine en quelques années. Les pierres sont revendues pour construire des maisons à Arles. De ce bâtiment grandiose, à peine un sixième subsiste aujourd'hui.
La ville d'Arles rachète les ruines en 1838. Grâce à l'action de Prosper Mérimée, l'abbaye est classée monument historique dès 1840. L'architecte Henri Révoil entreprend une longue campagne de restauration, notamment du cloître, à partir des années 1860. Depuis 1945, l'abbaye est propriété de l'État. En 1981, elle est inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO en même temps que les monuments romains et romans d'Arles.
Ce long parcours d'histoire et d'architecture en fait aujourd'hui un site de référence en Provence Alpes Côte d'Azur pour comprendre l'évolution du monde monastique du haut Moyen Âge jusqu'à l'époque moderne. Chaque pierre du site raconte une étape de cette trajectoire étonnante.
Pourquoi Montmajour est-il célèbre ?
Montmajour est aujourd'hui l'un des monuments historiques les plus visités de Provence, et cette réputation repose sur plusieurs raisons bien distinctes. La première est son histoire : plus de mille ans d'occupation humaine sur un même rocher, une accumulation exceptionnelle de styles et de fonctions, du monastère primitif à la forteresse médiévale. La deuxième raison est un nom : Vincent van Gogh.
Entre 1888 et 1889, Van Gogh multiplie les allers-retours entre Arles et le rocher de Montmajour. Il y trouve une source d'inspiration considérable. Le site fascine le peintre par ses ruines, sa lumière, ses volumes austères et le paysage qui l'entoure. Dans une lettre à son frère Théo, il décrit l'abbaye au coucher de soleil comme un lieu d'une noblesse charmante baigné d'une pluie d'or.
Parmi ses œuvres liées à ce lieu, "Coucher de soleil à Montmajour" est l'une des plus connues. Ce tableau, longtemps attribué à tort à un autre artiste, a été authentifié par le musée Van Gogh d'Amsterdam en 2013 seulement. C'est l'une des rares toiles de grand format que Van Gogh ait consacrée à un site naturel plutôt qu'à un intérieur ou une vue de ville. Son inspiration pour Montmajour contribue aujourd'hui au patrimoine culturel de toute la région.
L'abbaye continue d'attirer des artistes contemporains. L'œuvre "Ascension" du sculpteur Alain Kirili a été créée spécialement pour le chœur de l'abbaye. L'art moderne dialogue ainsi directement avec l'architecture romane, ce qui donne au lieu une dimension supplémentaire. Ce n'est pas un musée figé, c'est un espace vivant où la création continue.
Montmajour est aussi célèbre pour son panorama. Du sommet de la tour de Pons de l'Orme, la vue embrasse Arles, Tarascon, les Alpilles et la plaine de la Crau jusqu'à la Camargue. Ce point de vue, accessible au prix de 125 marches, reste l'un des plus impressionnants de Provence. C'est cette combinaison entre histoire et patrimoine culturel qui en fait un monument à part dans le paysage provençal.
Quelles sont les caractéristiques architecturales de l'abbaye ?
L'abbaye de Montmajour rassemble sur un même site plusieurs siècles d'architecture monastique, du XIe au XVIIIe siècle. On y lit clairement les grandes étapes de la construction médiévale, du premier âge roman au style classique du monastère Saint-Maur. C'est ce mélange cohérent sur un même rocher qui en fait un cas rare en Provence.
Le plus ancien ensemble est l'ermitage Saint-Pierre, installé en partie dans la roche entre 1030 et 1050. C'est une chapelle semi-troglodyte dont les chapiteaux de style corinthien témoignent d'une influence carolingienne encore vivace. Cet ermitage est considéré comme le témoignage le plus complet d'architecture préromane en Europe occidentale dans son état de conservation.
L'abbatiale Notre-Dame est le chef-d'œuvre de l'ensemble. Bâtie au XIIe siècle, cette église à nef unique mesure presque 14 mètres de large. Le plan d'origine prévoyait cinq travées, mais la crise du XIIe siècle en a limité la construction à deux. Ses murs massifs, ses voûtes en berceau et ses baies en plein cintre sont représentatifs de l'architecture romane provençale à son apogée.
La façade nord est entièrement aveugle, conçue pour résister au mistral et ne pas affaiblir les murs porteurs de la crypte en contrebas. Trois baies éclairent le chœur, disposées asymétriquement de chaque côté de l'axe médian. Cet agencement n'est pas un défaut : c'est une réponse aux contraintes du terrain et du climat.
Le cloître est l'espace monastique central du site. Ce rectangle de 27 mètres sur 24 organise la vie conventuelle et distribue les différents espaces : salle capitulaire, réfectoire, dortoir accessible par un escalier à vis. La galerie nord, la plus ancienne, date de 1153. Elle présente une décoration antiquisante très proche de celle du cloître Saint-Trophime d'Arles.
La galerie sud est plus tardive, du XIIIe siècle, et se distingue par un programme iconographique différent. Les chapiteaux y représentent des scènes bibliques — l'Annonciation, la Pentecôte, le Couronnement de la Vierge — mêlées à un bestiaire chrétien fourni : ânes, singes, dromadaires, aigles, et créatures fantastiques. Certains y reconnaissent même la Tarasque provençale dans l'une des consoles de la galerie ouest.
La crypte Saint-Benoît est également un élément architectural majeur. Son plan comprend une rotonde, un déambulatoire et des chapelles rayonnantes : une configuration unique en Provence. C'est sur cette crypte que repose toute l'abbatiale, ce qui explique la solidité remarquable des murs et l'élégance des voûtes.
Le monastère Saint-Maur, construit au XVIIIe siècle sur les plans de l'architecte Pierre Mignard, constitue le second ensemble. Ce bâtiment de style classique était imposant : cinq niveaux, une architecture sobre et grandiose. Vendu à la Révolution, il n'en subsiste aujourd'hui qu'environ un sixième, mais le premier étage a été récemment rouvert au public pour la première fois.
Quels événements sont organisés à l'abbaye ?
L'abbaye de Montmajour ne se contente pas d'être un monument à visiter : elle accueille tout au long de l'année des événements qui animent le site et lui donnent une vie supplémentaire. Les expositions temporaires sont au cœur de cette programmation, avec des photographes et des artistes renommés qui investissent les espaces de l'abbaye chaque saison.
L'événement le plus attendu est la participation aux Rencontres de la Photographie d'Arles, chaque été. Le réfectoire et la salle capitulaire se transforment alors en espaces d'exposition. Ces lieux médiévaux accueillent des photographes contemporains de renommée internationale dans un dialogue visuel saisissant avec le patrimoine bâti.
Les journées européennes du patrimoine, organisées le troisième week-end de septembre, permettent de visiter le monument gratuitement. L'abbaye ouvre ses portes et propose des visites commentées tout au long du week-end. C'est souvent l'occasion de découvrir les expositions en cours sans débourser le moindre billet.
Le pardon de Montmajour, qui remonte au Moyen Âge et se tenait chaque 3 mai depuis le XIe siècle pour commémorer la relique de la Sainte-Croix, est l'un des pèlerinages les plus anciens de Provence. Cette tradition historique fait partie intégrante de l'identité du lieu, même si elle n'a plus l'ampleur des 150 000 pèlerins que l'on comptait au Moyen Âge.
Pour les familles, des ateliers sont proposés pendant les vacances scolaires, notamment un atelier herbier et un jeu de piste spécial Pâques. Ces activités s'adressent aux enfants de 6 à 12 ans, accompagnés de leurs parents ou grands-parents. Durée : environ une heure trente. La réservation est obligatoire.
Des visites thématiques ponctuelles s'ajoutent à la programmation habituelle. Ces visites commentées réservées abordent des angles particuliers de l'histoire et de l'architecture du monument. L'agenda est disponible sur le site officiel de l'abbaye, qui renseigne toutes les dates et les conditions d'accès.
Pour rester informé, l'abbaye est présente sur les réseaux sociaux, notamment Instagram et Facebook, où la programmation est régulièrement mise à jour. Ces pages permettent également de suivre l'actualité des expositions en cours et des fermetures exceptionnelles.
Quels sont les monuments à proximité de Montmajour ?
L'abbaye de Montmajour se trouve sur la route de Fontvieille, à environ 4 kilomètres au nord-est d'Arles. Cette position géographique en fait une étape naturelle dans un circuit qui relie la ville à la plaine des Alpilles. La journée peut facilement combiner plusieurs sites sans jamais aller très loin.
Fontvieille, premier village accessible depuis l'abbaye, abrite le moulin d'Alphonse Daudet. Ce monument historique doit sa célébrité aux "Lettres de mon moulin", même si l'écrivain n'y a probablement jamais séjourné. Le sentier des moulins est un agréable parcours à pied qui relie le village à l'abbaye dans un paysage typique des Bouches-du-Rhône.
Arles elle-même concentre un ensemble exceptionnel de monuments inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO. Les arènes romaines, le théâtre antique, les Alyscamps, le cloître Saint-Trophime et l'espace Van Gogh sont autant de sites à intégrer dans votre programme. Un billet combiné Pass en Pays d'Arles permet d'accéder à plusieurs de ces monuments à tarif réduit, Montmajour compris.
Le site archéologique de Glanum, à Saint-Rémy-de-Provence, est accessible en moins de trente minutes depuis Montmajour. Le Glanum est l'un des sites gallo-romains les mieux conservés de Provence Alpes Côte d'Azur.
Le château des Baux-de-Provence se trouve à une quinzaine de kilomètres vers le nord, dans les Alpilles. Ce monument historique perché sur son éperon rocheux offre une vue panoramique et un musée consacré à l'histoire médiévale de la région. Il fait lui aussi partie du Pass en Pays d'Arles.
Pour les amateurs de patrimoine naturel, la plaine de la Crau et les premières zones de Camargue sont accessibles en quelques minutes depuis l'abbaye. Ce paysage de garrigues, d'oliviers et de marais, visible depuis la tour de Montmajour, constitue à lui seul une raison de prendre le temps de s'arrêter.
L'abbaye de Montmajour est ouverte du lundi au dimanche en été, et du mardi au dimanche en basse saison. Pour toute question pratique, le monument est joignable directement sur son site web ou par téléphone. Pensez à réserver votre billet en ligne en avance sur le site ci-dessous :